Jesus was a big bird.

Jesus was a big bird.

# Posté le vendredi 17 juillet 2009 11:13

Jalousie et vengeance surgelées.

Jalousie et vengeance surgelées.

Elle se sentait si ridicule, là, assise à fixer ce mur. Le même que chaque soir, avec les mêmes posters, image brillante de ce qu'elle ne serait jamais. Bouillie de rêve exposée en vrac, rappel douloureux de ses envies insatisfaites. Elle contemplait cet amas de désillusions d'un regard vide perdu dans de larges cernes bleutées.
Le malaise d'être là, inutile et stupide, grandissait en elle avec le sentiment que chaque seconde de plus passées ici ruinaient sa vie.
Sa vie.
C'était quoi après tout ? Minutes interminables formant péniblement des heures et coulant ainsi à l'infini... Elle se levait à l'heure dictée, avec l'impression vague de s'être laissée avoir, encore et toujours. Elle mettait un pied devant l'autre sans trop savoir pourquoi. Parce que c'était comme ça.
Elle allait au lycée avec l'envie d'être ailleurs, entendait sans écouter la vie grouillante autour d'elle. Ils semblaient tous si étrangers parfois... Chaque son, chaque détail paraissaient d'un autre monde. Elle voyait leurs lèvres bouger sans comprendre, comme si tout était ralenti. Et l'envie de courir, loin, toujours plus loin lui tenaillait le ventre.

Mais où aller de toute façon ?

Alors elle souriait pour retenir toutes les questions qui tambourinaient contre ses dents. Pour cacher son coeur si vibrant de l'envie de vivre et d'être libre. Elle se savait ridicule.
Mais pourquoi ? Pourquoi était-elle encore là ? Pourquoi devait-elle obéir à lui plus qu'à un autre ? Pour qui apprenait-elle ses lignes tracées par conformisme sur une feuille aux lignes bien trop droites ?
Certainement pas pour elle.
Qu'en avait elle à faire de tout ça ? Rien. Rien !
Elle voulait autre chose. Des chemins inconnus, de la musique, des rencontres, de l'amour et tout les grands mots qui lui passaient par la tête. Ca sonnait vide, ça sonnait creux, mais ça résonnait tout de même. Des petits ronds dans l'eau au départ, puis des vagues violentes.

Elle devait partir.


# Posté le vendredi 17 juillet 2009 12:01

Modifié le lundi 19 octobre 2009 12:19

Les mots de minuits coulent, s'enfuient et dérivent jusqu'à la chute.

Les mots de minuits coulent, s'enfuient et dérivent jusqu'à la chute.





Vaut-il mieux regretter une chose que l'on n'a jamais eu ou l'une que l'on a perdue ? Vaut-il mieux pleurer parce que l'on nous refuse le bonheur ou parce qu'on nous le retire ? Est-ce mieux de ne pas connaître ou bien de vivre qu'en souvenir ?








En somme, faut-il dire non avant ou après ? Jusqu'à maintenant je ne savais même pas le dire : non. Trois lettres qui provoquent tant de choses... Maintenant je sais. Alors, avant, ou après ? Jamais ? Toujours ?
Toujours. Solitude. Ils se plaignent de ce que je veux et envient ce que je ne veux pas.
L'être humain est si stupide.

Peut importe de posséder : il faut conquérir. Quand on a, on jette. Quand on a pas, on ramasse. On crache, on recrache.
Ce quotidien m'étouffe. C½ur entre deux eaux : un coup en bas, un coup en haut. Écartelé par les elles, les ils, les eux. Par les toi, les moi, les nous. Pronom trop personnel, en général. Banal. J'ai envie de fuir. Vomir sur mon égocentrisme et le tien.
Arrêter d'aligner mes mots de minuit que je suis seule à comprendre et à lire. Partir.

Ma fierté a coulé à l'heure de la désillusion. Je suis transparente, le temps s'allonge un peu plus chaque secondes. Si transparente que même le vent m'ignore, journée d'une année...
J'ai cru, un jour, être. J'y ai vraiment cru. Mais, en fait, je ne suis que le pâle reflet de la masse. Talent si tenu qu'on en rit.
Je n'ai jamais ressemblé à cette fille idéale, idéaliste et un peu idéalisée. Même de très loin.

Très loin. C'est l'endroit que je cherche. Pour y acheter une raison de vivre, à bas prix, dans un magasin poussiéreux où un vieux monsieur barbu et fou m'apprendra l'avenir.
Personne n'est rien, mais certain plus que d'autres.

Sur ce : Bonne nuit.

# Posté le mardi 23 juin 2009 12:29

Modifié le vendredi 17 juillet 2009 05:22

En fait la musique ce n'est qu'du sexe.

En fait la musique ce n'est qu'du sexe.

Il faisait chaud comme en été. D'une chaleur qui s'infiltre. Odorante. Je me suis toujours dit qu'elle sentait comme la nuit. Étoiles et pots d'échappements.
J'étais là. Sol confortablement dur, moquette rêche qui vous pique. Nue. Il faisait chaud comme en été, et la musique déferlait en moi comme autant de vagues puissantes. Allait, venait. Chaque note élargissait mon sourire. Revenait, repartait.
J'étais heureuse, radieuse et euphorique. Partout et profondément. Un ventre secoué de joie. Comme après l'amour...


Il faisait chaud comme en été.

# Posté le mardi 16 juin 2009 12:59

Modifié le vendredi 17 juillet 2009 07:33

Pourquoi, seul le mauvais reste gravé ? N'allez pas croire que je suis triste. Le noir est fait pour être broyé c'est tout.

Pourquoi, seul le mauvais reste gravé ? N'allez pas croire que je suis triste. Le noir est fait pour être broyé c'est tout.
Noire, oppressante et étouffante boule de larmes.
Mes ongles laissent une trace brûlante en mes poings serrés.
Tu restes là, en face de moi, deux pieds plantés dans le bitume. Tu attends cette réponse que tu connais déjà. Je le sais. Tu le sais. Et pourtant, ton regard brille encore et tu as l'air aussi fou que l'est ton espoir insensé.
Mes yeux brûlent, mais ma fierté est une flamme bien plus vive encore. Mes talons se tournent d'eux mêmes ; je ne veux pas, plus, voir ton visage se décomposer :

- Adieu.


Le mot résonne derrière moi. Dur. Implacable.
Pourtant en moi tout remue et j'ai l'impression que mon cerveau coule sur mes joues. C'est cette boule qui fond.
Mais tu ne dois pas le voir. Alors j'avance, vite, d'un pas bien plus sûr que je ne le suis. Deux pointes dans le dos : tes yeux. Je sens ton désespoir qui me poursuit comme un spectre et se fond en mon ombre.

Pourquoi tu n'entends pas ? Ce silence qui te crie de courir. De me rattraper. En cet instant, cette liberté qui me tient est partie, je n'aurais pas la force de te dire non à nouveau. Ni même de te dire oui.
Mes doutes cognent et rebondissent sur le mur de mon orgueil. La brèche est là, infime. Tu attends quoi ? Cours, vole, embrasses moi ! Mon être hurle et se joint à la plainte de ton c½ur malmené...
Le coin de la rue. Tu ne me vois plus et je m'effondre. Enfin, tout est définitivement fini.


Jusqu'à ce que tu reviennes...

# Posté le lundi 22 juin 2009 12:41

Modifié le vendredi 02 octobre 2009 11:36